Le CCAS (centre communal d’action sociale) n’accorde pas de microcrédit lui-même dans la plupart des communes de Martinique. Il joue un rôle d’accueil, d’aide d’urgence et d’accompagnement social : c’est souvent lui qui étudie le budget, oriente vers un prêteur comme Parcours Confiance ou La Banque Postale, et suit la personne pendant le remboursement.
L’annuaire public des centres d’action sociale recense 34 CCAS dans le département, soit un par commune, de Grand’Rivière au Nord à Sainte-Anne au Sud. Leurs aides dites facultatives sont décidées par chaque conseil d’administration : une même demande peut donc recevoir une réponse différente à Schœlcher et au Lorrain.
Que peut réellement faire un CCAS ?
Trois types d’intervention sont utiles à une personne exclue du crédit. D’abord, des secours ponctuels : bons alimentaires, participation à une facture d’eau ou d’électricité, aide au transport. Ensuite, l’accompagnement budgétaire, qui aide à remettre de l’ordre dans les charges. Enfin, l’orientation vers les dispositifs adaptés, dont le microcrédit personnel.
Aide ponctuelle ou prêt : bien distinguer
Une aide facultative n’est pas remboursable, mais elle reste modeste et limitée à une urgence. Le microcrédit, lui, finance un projet plus coûteux, par exemple 1 800 € de soins dentaires ou 4 000 € pour une voiture. Le travailleur social du CCAS sait dire laquelle des deux solutions correspond à la situation.
Le rôle de prescripteur
Les prêteurs de microcrédit personnel exigent qu’un professionnel valide le budget avant la décision. Les témoignages publiés par Parcours Confiance décrivent ce parcours : la personne est reçue par la structure sociale ou le centre d’action sociale de sa commune, qui monte le dossier puis le transmet. Chaque CCAS précise s’il assure lui-même ce rôle.
Et pour les personnes âgées ?
Plusieurs CCAS gèrent aussi des services pour les seniors. À Fort-de-France, le CCAS exploite un service autonomie à domicile (SAMD). Un retraité accompagné par ce service peut y évoquer un besoin d’équipement, comme un lit médicalisé non pris en charge, et être orienté vers le financement adéquat.
Coordonnées des principaux CCAS de l’île
Le tableau ci-dessous reprend les adresses publiées par l’annuaire national des CCAS pour dix communes parmi les plus peuplées. Il est prudent d’appeler avant de se déplacer, car les permanences sociales fonctionnent souvent sur rendez-vous.
| Commune | Adresse du CCAS | Téléphone |
|---|---|---|
| Fort-de-France | 44 rue Garnier Pagès | 05 96 72 81 13 |
| Le Lamentin | Place Antonio Maceo | 05 96 66 68 88 |
| Schœlcher | 3 rue Fessenheim | 05 96 72 72 72 |
| Le Robert | Rue Vincent Allègre | 05 96 65 10 05 |
| Sainte-Marie | 1 place de l’Hôtel de Ville | 05 96 69 30 06 |
| Le François | Place Charles de Gaulle | 05 96 54 30 02 |
| Ducos | 1 rue Zizine et des Étages | 05 96 77 18 18 |
| Rivière-Salée | Résidence Morne Costet | 05 96 68 01 90 |
| La Trinité | 51 rue Casimir Branglidor | 05 96 58 20 12 |
| Saint-Pierre | Rue Caylus | 05 96 78 10 32 |
Exemple : une mère isolée du Lamentin
Mélissa, deux enfants, travaille 24 heures par semaine dans un supermarché de la zone de la Lézarde et touche une aide au logement. Son réfrigérateur et sa machine à laver tombent en panne le même mois ; un devis chez un revendeur local atteint 1 100 €. Aucune banque ne lui accorde de prêt personnel.
Au CCAS du Lamentin, la travailleuse sociale vérifie d’abord ses droits auprès de la CAF de la Martinique, puis étudie un microcrédit. Avec 1 100 € sur 24 mois, la mensualité tourne autour de 48 € à un taux voisin de 4,5 %. Le budget le permet, et le dossier part chez le prêteur.
Sans adresse stable, commencer par la domiciliation
Une personne hébergée chez des proches ou sans logement fixe peut obtenir une élection de domicile auprès du CCAS de la commune où elle a un lien. Cette adresse administrative permet de recevoir son courrier, de faire valoir ses droits aux prestations et d’ouvrir un compte bancaire, condition indispensable à tout microcrédit.
Si les banques refusent ensuite l’ouverture du compte, le travailleur social peut aider à saisir l’IEDOM au titre du droit au compte. Ces deux démarches prennent quelques semaines ; mieux vaut les lancer avant d’avoir chiffré le projet, pour que le dossier de prêt soit prêt à partir dès l’ouverture du compte.
Préparer son rendez-vous au CCAS
- Appeler le CCAS de sa commune de résidence pour obtenir un rendez-vous avec un travailleur social.
- Réunir pièce d’identité, justificatif de domicile, attestation CAF, derniers bulletins de salaire ou de pension, avis d’imposition.
- Apporter ses trois derniers relevés bancaires et la liste de ses charges : loyer, EDF, eau, assurance, téléphone.
- Expliquer le besoin précis et fournir un devis ou une facture pro forma.
- Décider avec le travailleur social entre aide ponctuelle, microcrédit ou autre dispositif, puis suivre le montage du dossier.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Se présenter dans le CCAS d’une autre commune que celle de son domicile retarde tout : la compétence est communale. Autre erreur, cacher un crédit en cours ou une dette de loyer. Le travailleur social les découvrira sur les relevés et la confiance sera entamée ; mieux vaut les exposer d’emblée pour bâtir un plan réaliste.
Beaucoup de demandeurs attendent aussi l’huissier ou la coupure d’électricité pour se manifester. Plus la démarche est précoce, plus les solutions sont nombreuses. Lorsque les dettes dépassent clairement les ressources, le CCAS aide à déposer un dossier de surendettement auprès de l’IEDOM plutôt qu’à contracter un nouveau prêt.
Autres portes d’entrée possibles
Les assistantes sociales des services de la Collectivité Territoriale de Martinique remplissent un rôle proche, notamment pour les familles avec enfants. Les jeunes de 16 à 25 ans s’adresseront plutôt à leur Mission locale. Pour une activité indépendante, l’Adie reçoit directement, sans passer par le CCAS.
La CAF de la Martinique peut, selon son règlement d’action sociale, attribuer des aides ou des prêts aux familles allocataires. Les caisses de retraite complémentaire proposent parfois des aides exceptionnelles à leurs retraités, et des associations caritatives distribuent des colis ou des bons d’achat en complément.
Questions fréquentes sur les CCAS martiniquais
Le CCAS peut-il me prêter de l’argent directement ? C’est rare. Certains CCAS de France pratiquent des prêts sans intérêt, mais chaque commune fixe ses règles : demandez le règlement des aides facultatives de votre CCAS.
Faut-il être allocataire du RSA pour être reçu ? Non. Le CCAS accueille tous les habitants de la commune en difficulté, salariés précaires et retraités compris.
Combien de temps prend un microcrédit orienté par le CCAS ? Comptez généralement quelques semaines entre le premier rendez-vous et le versement, selon la complétude du dossier et le calendrier du prêteur.
Puis-je solliciter le CCAS et la CAF en même temps ? Oui, et c’est même conseillé : le travailleur social coordonne souvent une aide de la CAF de la Martinique, un secours communal et, si nécessaire, un microcrédit pour couvrir le reste de la dépense.
Le CCAS consulte-t-il le FICP ? Non, seul le prêteur interroge ce fichier. Vous pouvez en revanche demander vos propres données à l’IEDOM et les présenter au travailleur social.
Organismes et offres à contacter
- Annuaire des CCAS de Martinique : Liste officielle des 34 centres communaux d’action sociale du département, avec adresses et numéros de téléphone commune par commune.
- CCAS de Fort-de-France — service autonomie : Fiche du service autonomie à domicile géré par le CCAS foyalais, utile aux retraités qui cherchent aide et accompagnement social.
