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Suisse · Migration

Créer son entreprise en Suisse avec SINGA quand on vient d'ailleurs

SINGA ne prête pas d'argent, mais prépare les entrepreneurs issus de l'asile et de la migration à convaincre ceux qui prêtent. Programmes, villes, publics et chemin vers un microcrédit suisse.

Groupe d'entrepreneurs d'origines diverses lors d'un atelier à Genève

SINGA Switzerland est une association à but non lucratif qui aide les personnes réfugiées ou issues de la migration à créer leur entreprise en Suisse, grâce à des ateliers, du mentorat et un réseau professionnel. Elle n'accorde pas elle-même de microcrédit au sens bancaire ; elle prépare les projets pour qu'ils puissent ensuite être financés par une fondation ou une banque partenaire.

Fondée à Zurich en 2016 et installée à Genève depuis 2018, rue Liotard 5, l'association fait partie d'un réseau européen présent dans sept pays et dix-huit villes. Ses programmes ont accompagné une centaine de personnes et donné naissance à une quinzaine d'entreprises selon le Fonds pionnier Migros. Voici comment fonctionnent ses parcours et comment passer ensuite au financement.

Une association née de l'expérience de l'exil

Le nom SINGA signifie « lien » en lingala. L'idée de départ est simple : les personnes arrivées en Suisse par l'asile ou la migration ont souvent des compétences, un savoir-faire et une envie d'entreprendre, mais pas de réseau, ni de connaissance des codes administratifs suisses. SINGA comble ce manque par des ateliers, des rencontres et du mentorat individuel.

Deux parcours principaux

Le premier, la SINGA Factory, est un programme de démarrage de six mois mené à Zurich et à Genève. Il combine ateliers, groupes de travail, présentations d'idées et mentorat. Le second, l'accélérateur en ligne, est un programme national de neuf mois destiné aux entrepreneurs qui ont déjà lancé leur activité et veulent la développer, avec un accent sur la gestion et le leadership.

Des partenaires académiques et philanthropiques

La SINGA Factory a été lancée avec le soutien du Fonds pionnier Migros. Pour l'accélérateur, la Haute école de gestion de Genève est partenaire depuis 2023 : un de ses professeurs, spécialiste du management et de la transformation numérique, a siégé au jury de la première volée. Ces liens donnent aux participants un accès à des experts qu'ils n'auraient pas autrement.

Un projet de microcrédit évoqué

La fiche de l'association sur la plateforme Fundraiso mentionne, parmi ses activités, un projet de microcrédit, sans détailler montant ni partenaire. Avant de compter dessus, demandez directement à l'équipe genevoise ou zurichoise s'il est ouvert et à quelles conditions ; sinon, les financeurs présentés plus bas restent la voie principale.

Programmes SINGA et suite possible

Le tableau synthétise les parcours décrits par les partenaires de SINGA et l'étape de financement la plus logique ensuite, selon le lieu d'implantation du projet.

ParcoursDurée et lieuPublicFinancement ensuite
SINGA FactorySix mois, Zurich ou GenèvePorteurs d'idée réfugiés ou migrantsFondetec à Genève, Ahead à Zurich
Accélérateur en ligneNeuf mois, toute la SuisseEntreprises déjà lancéesCrédit bancaire, cautionnement
Ateliers et mentorat ponctuelsVariableNouveaux arrivants curieuxPréparation avant tout prêt

Du programme au microcrédit : la marche à suivre

Le passage par SINGA renforce le dossier, mais le financement obéit aux règles de chaque organisme. Voici l'ordre qui fonctionne le mieux pour un entrepreneur issu de la migration.

  1. Vérifier auprès de l'office cantonal des migrations ce que votre permis autorise en matière d'activité indépendante.
  2. Postuler à la SINGA Factory de Zurich ou de Genève, ou à l'accélérateur si l'activité existe déjà.
  3. Construire pendant le programme une offre testée auprès de premiers clients.
  4. Ouvrir un compte bancaire et commander un extrait du registre des poursuites.
  5. Monter un budget prévisionnel avec votre mentor.
  6. Présenter le projet à la Fondetec, à Ahead ou à un autre financeur compétent.

Parcours d'une cuisinière érythréenne à Genève

Selam, arrivée en 2019 et suivie par l'Hospice général, cuisine pour des événements associatifs. Pendant la SINGA Factory, elle teste un service traiteur auprès de trois entreprises clientes. Son prévisionnel montre un besoin de 14 000 CHF pour du matériel professionnel et un véhicule d'occasion. Elle présente son dossier à la Fondetec, qui accepte le projet comme projet d'insertion, avec 50 CHF de frais.

Les exigences liées au permis

Certains financeurs fixent des critères de séjour. Ahead à Zurich exige la nationalité suisse ou un permis B ou C et au moins un an de présence en Suisse. Une personne admise à titre provisoire avec un permis F doit donc s'informer à l'avance ; à Genève, les projets suivis par l'Hospice général peuvent bénéficier du statut d'insertion de la Fondetec.

Ce que le mentorat change pour le financeur

Un dossier présenté après six mois d'accompagnement arrive avec un budget relu, des prix testés et souvent une lettre du mentor. Pour un conseil de fondation, ce regard extérieur réduit l'incertitude sur un porteur sans historique bancaire suisse. Demandez à votre mentor une courte attestation décrivant votre progression et les ventes réalisées pendant le programme.

Le réseau compte aussi : rencontrer pendant le programme des commerçants, des fournisseurs ou un fiduciaire installé dans votre quartier permet de chiffrer précisément loyer, assurances et comptabilité. Ces chiffres réels remplacent les estimations approximatives qui font souvent échouer les premières demandes de prêt.

Écueils à anticiper

Démarrer sans avoir clarifié son statut de séjour est l'erreur la plus lourde : une activité indépendante non annoncée peut compromettre un dossier migratoire. Autre piège, présenter une idée sans client test. Les fondations veulent voir des ventes, même modestes. Enfin, des dettes de primes maladie laissées en poursuite bloquent presque tous les financements.

Beaucoup de participants sous-estiment aussi les assurances sociales de l'indépendant : AVS, assurance-accidents, éventuellement prévoyance. Intégrez-les dès le budget prévisionnel. Un traiteur qui gagne 3 500 CHF par mois doit prévoir une cotisation AVS d'indépendant non négligeable, que les fondations vérifieront.

Autres soutiens pour les entrepreneurs migrants

Les bureaux cantonaux d'intégration orientent vers des cours de langue et de gestion. Les services sociaux ou l'Hospice général à Genève peuvent cofinancer une formation. À Bâle, la Stiftung Arbeitsrappen prête sans intérêt aux personnes touchées par le chômage et inscrites à l'ORP ou au service social. Les concours d'entrepreneuriat inclusif offrent aussi de petites primes.

Les demandeurs d'emploi inscrits à l'ORP peuvent enfin solliciter les indemnités spécifiques prévues pour préparer une activité indépendante, ce qui laisse le temps de tester son offre sans perdre tout revenu.

Questions fréquentes

SINGA prête-t-elle de l'argent ? Non, l'association accompagne et met en réseau ; le financement vient ensuite de fondations ou de banques partenaires.

Faut-il parler français ou allemand ? Les programmes se déroulent dans la langue locale avec souvent un soutien en anglais ; renseignez-vous auprès de l'équipe de votre ville.

Le programme est-il ouvert aux personnes sans statut de réfugié ? Oui, SINGA s'adresse aux personnes ayant une expérience de l'exil ou de la migration, pas seulement aux réfugiés reconnus.

Combien coûte la participation ? Les conditions varient selon le programme et les soutiens obtenus ; demandez à l'équipe si une participation financière est prévue avant de vous inscrire.

Où se trouve SINGA à Genève ? L'association est domiciliée rue Liotard 5, 1202 Genève, et organise aussi des activités à Zurich, berceau du réseau suisse.

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