Réseau Entreprendre Martinique accorde un prêt d’honneur personnel de 15 000 € à 50 000 €, sans intérêt ni garantie, aux porteurs de projets capables de créer au moins trois emplois en cinq ans. Le financement s’accompagne de trois années de suivi gratuit par des dirigeants bénévoles. Il ne s’agit donc pas d’un microcrédit, mais d’un tremplin pour des entreprises à fort potentiel.
L’association martiniquaise appartient à un réseau national fondé sur l’engagement de chefs d’entreprise. Elle indique 73 dirigeants membres, 30 créateurs ou repreneurs accompagnés en ce moment, 250 emplois créés ou sauvegardés en cinq ans et un montant moyen de 42 000 € prêté par lauréat. Ses bureaux sont situés dans la zone industrielle de Champigny, à Ducos.
Trois profils de lauréats recherchés
Le réseau distingue trois situations. Le créateur lance une activité nouvelle avec une vraie dimension de développement. Le développeur dirige une entreprise de moins de 36 mois, comptant moins de sept salariés, qu’il veut faire grandir. Le repreneur rachète une société existante avec l’ambition de lui donner un nouvel élan.
| Critère | Exigence publiée |
|---|---|
| Prêt d’honneur | 15 000 € à 50 000 €, sans intérêt ni garantie |
| Emplois | Au moins 3 emplois à 5 ans |
| Développeurs | Entreprise de moins de 36 mois et de moins de 7 salariés |
| Accompagnement | 3 ans, avec un chef d’entreprise bénévole |
| Montant moyen | 42 000 € par lauréat |
Ce que recouvre le critère des trois emplois
Le projet doit montrer, chiffres à l’appui, qu’il peut porter trois postes au terme de la cinquième année. Une activité de consultant solo, même rentable, n’entre pas dans le cadre. Une conserverie de fruits locaux visant la grande distribution et l’export vers la Guadeloupe, en revanche, correspond bien.
Illustration d’un plan de financement
Un repreneur rachète une entreprise de menuiserie aluminium au Lamentin pour 250 000 €. Il apporte 20 000 € d’épargne et obtient un prêt d’honneur de 40 000 €, ce qui porte ses fonds propres à 60 000 €. La banque, rassurée par ce socle et par la sélection du réseau, finance alors les 190 000 € restants.
Pourquoi le banquier suit plus facilement
Le prêt d’honneur étant personnel et sans intérêt, il est apporté au capital ou en compte courant. Pour la banque, ce montant joue le rôle de fonds propres. La validation du dossier par un comité de dirigeants vaut aussi gage de sérieux, ce qui pèse dans une économie insulaire où les banques restent prudentes envers les jeunes entreprises.
Le parcours de sélection jusqu’au comité
Le réseau ne finance pas sur simple dossier. Un projet jugé éligible entre dans une phase de validation et de professionnalisation, menée avec des chargés de mission et des chefs d’entreprise. Le porteur y affine sa stratégie, son prévisionnel et son plan de financement, avant d’être présenté au comité d’engagement. Les projets hors cible sont réorientés vers d’autres structures.
Concrètement, mieux vaut prendre contact plusieurs mois avant la date prévue de reprise ou d’ouverture. Le temps de préparation permet de rencontrer plusieurs dirigeants, de corriger les hypothèses et de caler le rendez-vous bancaire juste après le comité, afin que les deux financements arrivent ensemble et que le chantier, le stock ou le rachat ne prennent pas de retard.
- Prendre contact au 05 96 27 36 77 ou à martinique@reseau-entreprendre.org.
- Présenter le projet lors d’un premier entretien d’éligibilité.
- Travailler le dossier avec les bénévoles et l’équipe : marché, organisation, prévisionnel, besoin de financement.
- Défendre le projet devant le comité d’engagement composé de chefs d’entreprise.
- En cas d’accord, signer le prêt d’honneur, boucler le prêt bancaire et démarrer l’accompagnement de trois ans.
Trois années d’accompagnement
Une fois lauréat, l’entrepreneur est suivi par un dirigeant expérimenté et accède à une hotline, à des informations et à des échanges d’expérience. Ce mentorat compte souvent davantage que l’argent : il aide à recruter le premier cadre, à négocier avec un fournisseur ou à anticiper une tension de trésorerie.
Ce que le comité examine vraiment
Les dirigeants qui siègent au comité regardent d’abord l’homme ou la femme derrière le projet : expérience du secteur, capacité à s’entourer, lucidité sur les risques. Viennent ensuite le marché, la marge brute et le plan de recrutement. Un prévisionnel prudent, avec un scénario dégradé, inspire plus confiance qu’une courbe de croissance trop parfaite.
Exemple d’un développeur
Une entreprise de livraison de repas créée il y a dix-huit mois à Schœlcher emploie quatre personnes. Pour ouvrir une cuisine centrale au Lamentin, elle doit investir 120 000 €. Sa dirigeante obtient un prêt d’honneur de 35 000 €, apporté en compte courant, qui sécurise un prêt bancaire de 85 000 € et permet de passer à neuf salariés en trois ans.
Les écueils les plus fréquents
Arriver avec un projet de subsistance, conçu pour créer seulement son propre emploi, conduit à une réorientation. Sous-estimer le besoin de financement en est un autre : un plan qui oublie le besoin en fonds de roulement, les délais de paiement des collectivités ou le coût du fret depuis l’Hexagone ne résiste pas aux questions du comité.
Il faut aussi accepter d’être challengé : les bénévoles testent la solidité du porteur autant que celle du projet. Enfin, prévoir la banque trop tard retarde le décaissement. Un rendez-vous bancaire anticipé, et la vérification préalable de sa situation au FICP auprès de l’IEDOM en cas d’incident passé, évitent les surprises.
Vers qui se tourner si le projet ne correspond pas ?
Pour un besoin plus modeste, Initiative Martinique Active accorde des prêts d’honneur création jusqu’à 25 000 € et des prêts de transition aux entreprises existantes. L’Adie finance jusqu’à 15 000 € les activités sans accès bancaire, et Parcours Confiance prête jusqu’à 15 000 € aux TPE d’outre-mer. Ces solutions conviennent aux projets d’auto-emploi.
La Collectivité Territoriale de Martinique et Bpifrance proposent par ailleurs des aides et garanties aux entreprises. Pendant la phase de lancement, un créateur peut aussi vérifier auprès de la CAF de la Martinique ses droits aux prestations familiales, utiles pour stabiliser le budget du foyer.
Questions fréquentes
Le prêt d’honneur peut-il financer un projet de reprise ? Oui, les repreneurs font partie des trois profils visés, à condition d’apporter un nouvel élan à l’entreprise rachetée.
Ma société a deux ans et cinq salariés : suis-je éligible ? Oui, au titre des développeurs : moins de 36 mois d’existence et moins de sept salariés.
Quelle est la durée de remboursement ? La page de l’association ne la précise pas. Elle est fixée lors de l’instruction ; demandez-la dès le premier entretien pour l’intégrer à votre prévisionnel.
Peut-on cumuler avec Initiative Martinique Active ? Les deux réseaux financent des projets de taille différente. Un cumul se discute au cas par cas ; signalez dès le départ toute demande en cours auprès d’un autre financeur pour que le plan de financement reste cohérent.
Faut-il rejoindre le réseau après le remboursement ? Le site ne l’impose pas. Le modèle du réseau repose toutefois sur des dirigeants bénévoles, et rien n’empêche un ancien lauréat de rejoindre à son tour les 73 membres actifs.
Organismes et offres à contacter
- Réseau Entreprendre Martinique : Site de l’association : prêt d’honneur moyen de 42 000 €, 73 dirigeants membres, lauréats accompagnés et emplois créés en Martinique.
- Réseau Entreprendre Martinique — entreprendre : Critères d’éligibilité, prêt de 15 000 à 50 000 € sans intérêt, profils créateurs, développeurs et repreneurs, accompagnement de trois ans.
- Réseau Entreprendre Martinique — contact : Coordonnées de l’équipe à Ducos, zone de Champigny, pour présenter un projet de création ou de reprise.
