microcreditsocial.frMICROCRÉDIT SOCIAL, PERSONNEL ET ACCOMPAGNÉ
Action sociale communale

Obtenir un microcrédit ou un prêt solidaire par le CCAS

Centre communal d'action sociale, le CCAS accompagne des microcrédits personnels avec une banque ou un Crédit municipal, et propose parfois ses propres prêts sans intérêt ou secours d'urgence.

Microcrédit de la CAF : prêts et aides 2026
Accueil d'un centre communal d'action sociale recevant un demandeur de microcrédit

Le CCAS, centre communal d'action sociale, peut vous aider à obtenir un microcrédit personnel : il instruit la demande, la transmet à un prêteur partenaire, banque ou Crédit municipal, et vous accompagne jusqu'au remboursement. Selon les communes, les montants vont de 300 € à 3 000 € et peuvent atteindre 8 000 €, sur des durées de quelques mois à sept ans.

Le CCAS n'est pas une banque. Ses aides relèvent de deux familles : les aides légales, dont il prépare les dossiers pour d'autres organismes, et les aides facultatives, qu'il décide librement, comme les secours d'urgence, l'aide alimentaire ou les prêts sans intérêt. Le microcrédit s'ajoute à cette palette lorsque le conseil d'administration a signé une convention avec un prêteur.

Le rôle du CCAS dans un microcrédit personnel

Les CCAS ont remplacé les bureaux d'aide sociale en 1986. L'UNCCAS, leur union nationale, revendique près de 4 300 CCAS et CIAS adhérents. Chacun définit sa politique d'aide facultative : c'est pourquoi un microcrédit existe à Angers ou à Caen mais pas forcément dans la commune voisine. Le premier réflexe est donc d'appeler l'accueil du CCAS de votre mairie.

Quand le dispositif existe, un travailleur social reçoit le demandeur, évalue son besoin et son budget, vérifie qu'aucune aide non remboursable ne répond mieux à la situation, puis transmet un dossier argumenté au prêteur. Après l'octroi, il reste l'interlocuteur en cas de difficulté. Le prêteur décide seul ; le CCAS n'engage jamais ses propres fonds sur le prêt.

Trois conventions communales comparées

Les conditions varient fortement d'une ville à l'autre. Le tableau reprend les règles publiées par trois CCAS ; les mensualités sont des simulations indicatives calculées au taux mentionné ou, à défaut, à 4,5 %.

CCASPrêteurMontantDuréeTauxExemple de mensualité
Angers (convention 2025-2027)Crédit municipal de Nantes300 à 8 000 €6 à 84 mois4,50 % fixe6 000 € sur 72 mois : 95,24 €
CaenBanque partenaire300 à 3 000 €, jusqu'à 5 000 € par exception6 à 36 mois, 48 par exceptionFixe, non précisé3 000 € sur 36 mois à 4,5 % : 89,24 €
Bessancourt (Val-d'Oise)Crédit municipal de Paris300 à 3 000 €, 5 000 € pour un accident de la vie6 à 36 mois, 60 par exception4 %2 400 € sur 30 mois : 84,20 €

Des options propres à certaines communes

La convention d'Angers prévoit des frais de dossier de 30 € jusqu'à 1 500 € empruntés et de 60 € au-delà, que le CCAS peut prendre à sa charge. Elle ouvre aussi une option à taux zéro où le CCAS rembourse les intérêts une fois le prêt soldé. Le Crédit municipal de Nantes y couvre la moitié des impayés définitifs, la garantie du Fonds de cohésion sociale jouant pour 50 % du risque lorsqu'elle s'applique.

Les projets acceptés et refusés

À Caen, le microcrédit finance la formation, le permis, l'achat ou la réparation d'un véhicule, des soins mal remboursés, un déménagement ou de l'électroménager. Il exclut le rachat de crédits et la trésorerie. À Bessancourt, sont exclus le découvert, les dettes, la création d'entreprise et les arriérés de loyer. Les personnes inscrites au FICP peuvent déposer une demande à Caen.

Constituer son dossier au CCAS

La plupart des CCAS réservent le dispositif aux habitants de la commune ; Bessancourt l'écrit explicitement. Caen oriente les habitants des autres communes du Calvados vers l'UDAF 14. Pour gagner du temps, préparez votre projet et vos justificatifs avant le premier rendez-vous.

  1. Appeler l'accueil du CCAS de votre mairie, par exemple le 02 31 15 59 70 à Caen, et demander un rendez-vous avec le référent microcrédit.
  2. Réunir les pièces : justificatif de domicile, ressources des trois derniers mois, avis d'imposition, relevés bancaires, devis ou facture pro forma.
  3. Exposer le projet au travailleur social, qui vérifie d'abord les aides non remboursables disponibles.
  4. Établir avec lui le budget mensuel et la mensualité supportable.
  5. Signer la demande transmise au prêteur, puis attendre sa décision.
  6. Signer le contrat, recevoir les fonds, souvent versés au fournisseur, et honorer les rendez-vous de suivi.

Pourquoi des dossiers sont refusés

Le motif le plus fréquent est l'existence d'une solution moins coûteuse : Bessancourt exige qu'aucune autre aide sociale ne réponde au besoin. Viennent ensuite le projet hors cadre, comme le remboursement d'une dette, et le budget trop serré. Un demandeur avec 40 € de marge mensuelle ne pourra pas assumer 89 € d'échéance, même avec la meilleure volonté.

Pour éviter ces écueils, présentez un projet unique et chiffré, avec un devis raisonnable. Si une dette existe, traitez-la d'abord avec un Point conseil budget ou un plan d'apurement. Et soyez transparent sur un crédit renouvelable ou un prêt familial : le travailleur social préférera adapter le montant plutôt que de découvrir l'information après coup.

Exemple à Angers

Un intérimaire de 28 ans décroche une mission de six mois à 25 km de chez lui, sans transport en commun aux heures de prise de poste. Le CCAS monte un microcrédit de 3 000 € auprès du Crédit municipal de Nantes pour une voiture d'occasion, sur 36 mois à 4,50 %, soit 89,24 € par mois. Les frais de dossier de 60 € sont pris en charge par le CCAS.

Les aides du CCAS sans emprunt et les autres recours

Le microcrédit n'est qu'une option. Si la mensualité est impossible, le même CCAS peut proposer un secours ponctuel, des bons alimentaires, une aide à l'énergie ou un prêt sans intérêt sur ses fonds propres. Certaines communes aident aussi au remboursement des intérêts d'un prêt sur gage : à Morières-lès-Avignon, selon un article de 2021, le CCAS remboursait les trois quarts des intérêts une fois le gage récupéré.

Questions courantes sur le microcrédit du CCAS

Mon CCAS ne propose pas de microcrédit, que faire ? Demandez si l'intercommunalité dispose d'un CIAS qui le propose, ou contactez l'UDAF, Familles Rurales ou le Crédit municipal de votre région, qui travaillent avec de nombreux partenaires sociaux.

Le CCAS peut-il me prêter directement de l'argent ? Certains CCAS accordent des prêts sans intérêt sur leurs propres fonds, au titre des aides facultatives. Il ne s'agit pas d'un microcrédit bancaire : les montants sont plus modestes et les règles fixées par la commune.

Faut-il être allocataire du RSA pour être aidé ? Non. Les publics visés incluent les salariés modestes, les demandeurs d'emploi, les retraités ou les familles qui traversent un accident de la vie. Le critère est l'exclusion du crédit classique, combinée à une capacité de remboursement.

Combien de temps faut-il pour obtenir les fonds ? Comptez souvent trois à six semaines entre le premier rendez-vous et le versement, selon le rythme des commissions et du prêteur. Pour une urgence, un secours du CCAS peut couvrir le besoin immédiat.

Le microcrédit du CCAS est-il inscrit quelque part ? Comme tout crédit, il est connu de la banque prêteuse. Un incident de remboursement caractérisé peut entraîner une inscription au FICP ; prévenez donc le CCAS dès qu'une échéance devient difficile.

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