Les Restos du Cœur ne sont pas seulement une aide alimentaire : dans de nombreux départements, des bénévoles formés accompagnent des microcrédits personnels et des budgets familiaux. L'association ne prête pas elle-même ; elle monte le dossier, le transmet à une banque partenaire et suit la personne. Sur l'exercice 2020-2021, 532 microcrédits personnels ont ainsi abouti.
La même année, 1 970 personnes ont été accompagnées sur leurs questions budgétaires. Ce service s'adresse en priorité aux personnes accueillies dans les centres, mais il répond à un besoin plus large : retrouver une marge de manœuvre, financer un permis ou une réparation de voiture, ou éviter qu'une difficulté passagère ne tourne au surendettement.
Un réseau accompagnant installé de longue date
Fondés par Coluche en 1985, les Restos ont rejoint le circuit du microcrédit personnel à la fin des années 2000. En 2011-2012, l'association couvrait déjà 54 départements, recevait 2 000 personnes pour étudier une demande et obtenait 330 prêts. Elle formait aussi ses bénévoles à l'environnement bancaire et testait un partenariat avec La Banque Postale.
Une présence dans près de 2 000 centres
Avec 1 923 centres d'activité et environ 70 000 bénévoles réguliers sur l'exercice 2020-2021, les Restos disposent d'un maillage que peu de réseaux égalent. Le microcrédit n'est toutefois pas proposé partout : il dépend de l'existence d'une équipe départementale formée. Dans le Lot-et-Garonne, par exemple, un référent coordonne cette activité pour les 15 centres du département.
Comment travaillent les bénévoles référents
Le référent travaille en binôme, avec une formation spécifique et le soutien de l'association nationale. Il reçoit et suit les personnes, saisit les demandes sur la plateforme France Microcrédit, rédige des rapports trimestriels et sensibilise les autres bénévoles. Les rencontres se tiennent dans les centres, ce qui évite à la personne de se déplacer loin de chez elle.
Ce qui peut être financé
Comme tout microcrédit personnel, le prêt doit servir un projet d'insertion ou de stabilisation. Les besoins les plus courants touchent à la mobilité, à l'emploi, au logement et à la santé. Les dettes sont normalement exclues ; l'association a d'ailleurs relevé par le passé que certaines banques partenaires appliquaient les critères plus strictement que le cadre du Fonds de cohésion sociale.
| Besoin | Exemple chiffré | Mensualité indicative |
|---|---|---|
| Réparation de voiture pour un emploi | 900 € sur 18 mois à 4 % | Environ 52 € |
| Permis de conduire | 1 500 € sur 24 mois à 4 % | Environ 65 € |
| Électroménager de première nécessité | 700 € sur 12 mois à 4 % | Environ 60 € |
| Dépôt de garantie et déménagement | 1 800 € sur 36 mois à 4 % | Environ 53 € |
Des taux fixés par la banque
Les exemples ci-dessus utilisent un taux de 4 %, fréquent sur ces prêts, mais le taux réel dépend de la banque partenaire du département. Demandez toujours le TAEG et le coût total avant de signer. Sur 1 500 € et 24 mois, la différence entre 4 % et 6 % représente une trentaine d'euros au total : c'est la durée qui pèse le plus sur le budget mensuel.
Un parcours type, du centre au garage
Prenons un cas fictif mais typique : Karim, 41 ans, accueilli dans un centre d'Agen, travaille en intérim et perd des missions faute de voiture fiable. Le référent chiffre avec lui deux devis, retient une réparation à 950 €, vérifie qu'il reste 140 € de marge mensuelle et propose 20 mois de remboursement, soit environ 49 € par mois. Le prêt est versé directement après signature.
De la première discussion au déblocage des fonds
L'étude budgétaire publiée par l'association montre que la demande naît rarement au guichet : 38 % des personnes interrogées ont découvert l'accompagnement financier lors d'une discussion au coin café, 23 % pendant une distribution. Près des trois quarts fréquentaient déjà les Restos, presque toujours pour l'aide alimentaire.
- Parlez de votre projet à un bénévole de votre centre ou demandez s'il existe un référent microcrédit dans le département.
- Prenez rendez-vous pour un premier entretien budgétaire, sans engagement.
- Apportez vos justificatifs de ressources, vos relevés de compte et un devis du bien ou du service.
- Construisez avec le référent un budget mensuel et un plan de remboursement réaliste.
- Laissez le référent saisir la demande et la transmettre à la banque partenaire.
- Après accord, signez l'offre et restez suivi jusqu'au dernier remboursement.
Des effets mesurés par les bénéficiaires
Dans la même étude, 92 % des personnes accompagnées disent s'être senties soutenues, 65 % déclarent mieux gérer leur budget et 32 % indiquent avoir gardé ou trouvé un emploi. Un cinquième avaient connu le surendettement. Pour près de 80 % d'entre elles, l'aide portait sur l'obtention d'un microcrédit, et pour environ un quart sur la gestion du budget.
Faux pas à éviter avec votre demande
La principale erreur est d'attendre d'être au bord de la rupture. Un dossier présenté quand le compte est déjà bloqué ou qu'une procédure est engagée a moins de chances qu'un projet anticipé. Deuxième écueil : ne pas oser parler de ses dettes. Elles finissent toujours par apparaître sur les relevés et le bénévole doit les connaître pour proposer la bonne solution.
Troisième faux pas : choisir une durée trop courte pour rembourser vite. Une mensualité de 110 € sur 12 mois peut sembler raisonnable, mais un mois sans heures supplémentaires suffit à créer un rejet de prélèvement. Mieux vaut 60 € sur 24 mois, avec la possibilité de rembourser par anticipation si la situation s'améliore.
Accès aux droits et autres soutiens
Les Restos accompagnent aussi l'accès aux droits, à la justice et à la santé. Environ 30 % des personnes éligibles à des prestations sociales ne les demandent pas, selon la DREES, et l'association estime ce non-recours encore plus élevé parmi ses publics. Vérifier ses droits à la CAF, à la Complémentaire santé solidaire ou à la prime d'activité passe souvent avant tout crédit.
Quand le prêt n'est pas adapté
Le référent peut orienter vers un prêt sans intérêt de la CAF pour l'équipement, un secours du CCAS, SOS Familles Emmaüs pour solder une dette, Crésus ou un Point Conseil Budget en cas de surendettement, ou la caisse de retraite pour les retraités. Les ateliers d'insertion des Restos offrent enfin une voie vers l'emploi.
Questions fréquentes sur les Restos du Cœur
Faut-il être inscrit aux Restos pour demander un microcrédit ? Dans la plupart des départements, le service s'adresse d'abord aux personnes accueillies, mais renseignez-vous auprès de l'antenne départementale.
Le microcrédit des Restos est-il gratuit ? L'accompagnement est gratuit ; seuls les intérêts du prêt bancaire sont à payer.
Peut-on obtenir un simple conseil budgétaire sans emprunter ? Oui, l'accompagnement budgétaire est proposé indépendamment de toute demande de prêt.
Combien de temps prend une demande ? Comptez plusieurs semaines entre le premier entretien et la réponse de la banque, selon la disponibilité du référent et du comité bancaire.
Quelle banque accorde le prêt ? Une banque partenaire de la structure départementale ; elle varie selon les territoires et fixe le taux final.
Organismes et offres à contacter
- Restos du Cœur – étude sur l'accompagnement budgétaire : Infographie de l'association : profil des personnes accompagnées vers un microcrédit ou un conseil budgétaire, et effets constatés sur leur situation.
- Restos du Cœur 47 – référent accompagnement budgétaire : Mission du référent microcrédit en Lot-et-Garonne : accueil, suivi des personnes et saisie des demandes sur la plateforme France Microcrédit.
