microStart est une coopérative belge de microfinance qui accorde un prêt personnel à but professionnel, de 500 à 25 000 €, aux personnes qui lancent ou développent une activité indépendante et n'obtiennent pas de crédit bancaire. Ce n'est pas un crédit à la consommation : l'argent finance du matériel, du stock, un véhicule utilitaire, un loyer commercial ou des frais de démarrage.
La précision compte, car microStart est souvent confondu avec un prêteur social pour les achats du quotidien. Pour une voiture privée ou de l'électroménager, c'est vers Crédal ou le CPAS qu'il faut se tourner. En revanche, l'allocataire social ou le chômeur qui veut se mettre à son compte trouve ici l'un des rares financements ouverts sans historique bancaire solide.
Une coopérative née en 2011
microStart fonctionne depuis 2011 avec deux entités : microStart SC, la coopérative qui prête, et microStart Support ASBL. Ses partenaires de référence sont l'Adie, BNP Paribas Fortis et le Fonds européen d'investissement. Selon ses propres chiffres, elle a financé 5 647 entrepreneurs par 7 621 microcrédits et accompagné plus de 10 000 personnes.
À qui s'adresse le prêt ?
Il faut avoir plus de 18 ans, être domicilié en Belgique avec un titre de séjour valable, y déclarer ses impôts et viser une activité qui y génère des revenus. Le prêt est consenti à la personne qui dirige l'entreprise, même si celle-ci a la forme d'une société. Les banques doivent ne pas répondre au besoin.
Montants selon l'ancienneté
Un starter, en phase de lancement ou actif depuis moins d'un an, peut emprunter de 500 à 15 000 €. Un indépendant établi depuis plus d'un an peut aller jusqu'à 25 000 €. La durée de remboursement s'étale généralement sur 48 à 60 mois, et un report de la première échéance se discute lors de l'analyse.
| Profil | Montant | Durée habituelle | Garant |
|---|---|---|---|
| Starter (moins d'un an) | 500 à 15 000 € | 48 à 60 mois | Oui |
| Indépendant de plus d'un an | 500 à 25 000 € | 48 à 60 mois | Oui |
| Fiché à la Banque nationale | Selon analyse | Selon analyse | Oui, indispensable |
| Après une faillite | Selon les causes et le nouveau projet | Selon analyse | Oui |
Exemple d'une première installation
Fatou, au chômage à Schaerbeek, veut lancer un service de retouches à domicile. Elle chiffre une machine professionnelle, une petite camionnette d'occasion et son premier stock à 9 000 €. Sur 48 mois, la part de capital représente environ 188 € par mois, auxquels s'ajoutent les intérêts indiqués dans l'offre. Sa sœur, salariée, accepte d'être garante.
Le garant s'engage à rembourser si l'emprunteur ne le peut plus. microStart publie un guide spécifique sur ce rôle : mieux vaut le lire avec la personne sollicitée avant le rendez-vous, afin qu'elle mesure son engagement. Un proche disposant d'un revenu régulier, même modeste, est généralement préféré à une promesse vague d'aide.
Ce que microStart finance et ce qu'il refuse
Les dépenses éligibles couvrent l'équipement, les véhicules, le stock, la rénovation ou l'aménagement d'un local, le loyer, les besoins de trésorerie et les frais administratifs de lancement. Le prêt peut aussi financer une phase de test et se combiner avec une coopérative d'activité, une prime régionale ou un autre financement.
Secteurs exclus
microStart ne finance ni les activités illégales, ni les cryptomonnaies, ni le transfert d'argent, ni les jeux de hasard. Un projet qui viserait surtout à rembourser des dettes personnelles ou fiscales ne correspond pas non plus à sa mission, puisqu'il ne crée aucune capacité nouvelle de revenus.
La procédure, de l'appel à la décision
La demande commence en ligne et se termine par un entretien. La décision intervient dans les quinze jours qui suivent la finalisation du dossier. À chaque étape, l'équipe peut proposer un programme d'accompagnement si le projet doit encore mûrir.
- Vérifier les conditions de base et répondre au questionnaire d'auto-évaluation.
- Déposer la demande via le simulateur ou le formulaire en ligne.
- Échanger par téléphone avec l'équipe d'accueil sur le projet et le besoin.
- Rassembler les documents demandés : identité, revenus, devis, prévisionnel, accord du garant.
- Rencontrer un conseiller en bureau ou en visioconférence pour finaliser le dossier.
- Laisser le conseiller analyser la viabilité et la capacité de remboursement.
- Recevoir la décision, puis signer et démarrer le remboursement.
Les contacts utiles
L'accueil répond au +32 2 888 61 00 et par courriel à welcome@microstart.be ; le siège est situé Cantersteen 12, 1000 Bruxelles. Les plaintes passent par une adresse distincte, complaints@microstart.be. Un portail client en ligne permet de suivre la demande et de déposer les pièces.
Pourquoi des dossiers sont refusés
Les échecs les plus courants viennent d'un garant introuvable, d'un projet dont les recettes prévues ne couvrent pas la mensualité, d'une activité exercée hors de Belgique ou d'un endettement personnel trop lourd. Le fichage à la Banque nationale n'est pas en soi éliminatoire, mais il impose de montrer que la situation est sous contrôle.
Comment renforcer sa demande
Arrivez avec des devis datés plutôt que des estimations, un budget familial écrit et une explication franche de vos incidents passés. Un prévisionnel prudent, qui suppose un démarrage lent sur trois mois, inspire davantage confiance qu'un chiffre d'affaires optimiste. Les formations de microStart aident à structurer ce travail.
Le suivi ne s'arrête pas au versement. microStart met en avant un accompagnement personnalisé qui se poursuit pendant le remboursement : questions de facturation, de prix de vente ou de gestion de trésorerie peuvent être abordées avec l'équipe, et des fiches pratiques gratuites complètent ce soutien. Signaler tôt une baisse d'activité permet d'étudier une solution, alors qu'un silence après deux échéances manquées complique tout.
Solutions alternatives ou complémentaires
À Bruxelles, Brusoc propose le microprêt OPEN UP de 5 000 à 30 000 € pour se lancer comme indépendant. En Wallonie et à Bruxelles, Crédal finance les projets à impact sociétal. Pour un besoin personnel, le crédit social accompagné de Crédal ou une aide du CPAS conviennent mieux. Le prêt proxi bruxellois mobilise l'épargne des proches.
Questions fréquentes
Peut-on rembourser par anticipation ? Oui, à tout moment, sans frais ni pénalité, ce qui permet de réduire le coût si l'activité décolle plus vite que prévu.
Un allocataire du CPAS peut-il emprunter pour se lancer ? Oui, la situation sociale n'exclut pas. Il faut un projet viable, un garant et, idéalement, informer son assistant social du projet d'indépendance.
microStart finance-t-il une société ? Le prêt est accordé à la personne qui gère l'entreprise, même constituée en société, puis affecté aux besoins professionnels.
Combien de temps prend la décision ? microStart s'engage sur un délai de quinze jours à partir du dossier complet ; le temps de préparation en amont dépend surtout de la rapidité à réunir les pièces.
Faut-il déjà avoir un numéro d'entreprise ? Non pour un starter : le prêt peut préparer le lancement, y compris les frais administratifs d'installation. Le numéro BCE et l'affiliation à une caisse sociale suivront avant le démarrage effectif de l'activité.
Organismes et offres à contacter
- microStart — demande de crédit : Formulaire officiel pour introduire une demande de microcrédit professionnel de 500 à 25 000 € auprès de la coopérative microStart.
- microStart — à propos : Présentation de la coopérative : activité depuis 2011, partenaires Adie, BNP Paribas Fortis et FEI, chiffres d'entrepreneurs financés et accompagnés.
- microStart — formations : Formations proposées par microStart aux futurs indépendants pour préparer prévisionnel, gestion et lancement avant ou pendant le microcrédit.
